Le projet INFEROMICS, coordonné par le laboratoire UMR Agroécologie de l’Université Bourgogne Europe, vise à développer de nouveaux indicateurs microbiens pour mieux évaluer le fonctionnement microbiologiques des sols agricoles. En utilisant des outils d’analyse de l’ADN, le projet met au point des indicateurs et leurs applications permettant aux agriculteurs et viticulteurs de mieux comprendre la santé de leurs sols et d’adopter des pratiques adaptées pour les améliorer.
La France joue un rôle leader dans le développement d’outils de diagnostic du sol, notamment grâce aux travaux de l’INRAE. Ces recherches ont permis de développer de premiers indicateurs du « patrimoine microbiologique » des sols, fondés sur l’ADN microbien extrait directement du sol et séquencé en quelques jours. Ces outils permettent de décrire efficacement la diversité microbienne, mais ils n’informent pas encore sur le fonctionnement biologique des communautés microbiennes.
Lauréat de l’AAP Recherche Sols 2025–2028 du Fonds de dotation Roullier, le projet INFEROMICS vise à répondre à cet enjeu. Il souhaite développer, valider et diffuser une nouvelle génération d’indicateurs capables d’évaluer le fonctionnement microbiologique des sols, en complément des indicateurs existants du patrimoine microbiologique.
L’approche repose sur l’utilisation d’outils bioinformatiques permettant de prédire les fonctions biologiques des micro‑organismes à partir de données de composition des communautés. Ces bioindicateurs seront d’abord testés sur le « Réseau de Mesure de la Qualité des Sols » (RMQS), puis appliqués dans différents contextes agricoles où les pratiques sont précisément documentées. Ils seront ensuite diffusés auprès des acteurs agricoles et viticoles.
Les nouveaux indicateurs développés avec INFEROMICS complèteront les outils existants en apportant des informations inédites sur le potentiel fonctionnel des communautés microbiennes. Ils permettront aux agriculteurs comme aux décideurs publics de mieux évaluer la qualité des sols et la durabilité des pratiques et des modes de production, contribuant ainsi à la préservation de ce réservoir de biodiversité indispensable.